Ouvrage publié aux éditions Atlantica - ISBN 2-35165-023-9
 
Le Livre
   
 
Extraits
   
 
Chronologie des Hospitaliers
 


Afin d'accompagner le lecteur dans sa découverte de l'Histoire des Hospitaliers au travers des siècles et de l'aider à comprendre les raisons de la longévité de l'Ordre, il m'a semblé nécessaire de parer l'ouvrage de quelques traits des évènements importants qui ont jalonné la route des Chevaliers, quand bien même ceux-ci pourraient paraître à priori éloignés de la raison d'être de l'Ordre.

Ainsi nous allons suivre, sur les routes de Palestine et de Syrie, cheminant parallèlement et se dirigeant vers le même objectif, les moines Hospitaliers et les croisés guerroyant pour la conquête de Jérusalem, et trouver l'union indissociable des pèlerins et des moines devenus soldats.

Il est en effet permis de s'interroger, dix siècles après les expéditions en Terre sainte, sur le devenir au XIIe siècle des croisades, sans les Ordres militaires. De même, il est possible d'affirmer que l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, devenu Ordre de Rhodes au XVIe siècle, puis Ordre de Malte, n'aurait jamais vu le jour sans les marches épiques des chrétiens exaltés vers le tombeau du Christ.
Les témoignages décrits ci-après afférents aux saintes croisades ne sont que quelques exemples, infime partie des mouvements de foules, des actions diverses, des batailles menées par les Occidentaux et des Orientaux, des guerres de clans et celles de religions, des guerres de places et de forteresses, des joies et malheurs des participants des différentes langues. Néanmoins, chaque fois que cela a été possible, j'ai privilégié des actes incluant l'Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Peut-être est-il nécessaire de rappeler que le terme de croisade, souvent usité pour évoquer les expéditions au cours desquelles les pèlerins sont parés du signe de la croix, n'est pas toujours employé à bon escient. En effet, ces campagnes n'ont souvent été que des guerres offensives contre les Infidèles, et non des croisades telles que définies par Rome, quand bien même ont-elles parfois été organisées avec le patronage de l'Eglise.
La croisade ou guerre religieuse, déclenchée par l'octroi solennel de privilèges ecclésiastiques, entreprise pour le recouvrement direct ou indirect des Lieux saints et prêchée par Rome, est bien la seule à pouvoir porter cette appellation.
Si depuis le IVe siècle les pèlerinages des Chrétiens vers Jérusalem, expéditions armées ou non, sont innombrables, les attributs de la croisade (la croix sur le vêtement et l'attribution des indulgences) n'apparaissent qu'après l'appel du pape, en 1095.

Ainsi, après la prise de Jérusalem en 1099 et la constitution des Etats latins, les croisades suivantes sont en majorité des campagnes pour la défense desdits Etats et, plus tard, des expéditions pour leur reconquête.

Puis, ayant souhaité orner l'exposé des grandes dates de l'Histoire et des personnages qui ont interféré dans les actions de la communauté des Hospitaliers, pour la période comprise entre le XIe et XVIIe siècle, j'ai souhaité témoigner de quelques évènements significatifs de la religion. En effet, l'Eglise catholique Romaine (au moins officiellement) est bien l'institution via, pour, et au nom de laquelle l'Ordre de Saint-Jean, devenu Ordre de Rhodes, puis Ordre de Malte, a existé jusqu'au début du XIXe siècle.
Depuis lors, renonçant aux préceptes militaires, l'Ordre est devenu l'Association d'Aide Humanitaire que nous connaissons, et qui était sa vocation première lorsque le bienheureux frère Gérard soignait les malades et les blessés, sans distinction de religion, dans l'infirmerie de Saint-Jean, à deux pas du Saint sépulcre.

Pour relater ces personnages et ces actes incontournables de l'Histoire, que parent les relations entre l'Ordre de Saint-Jean et le Vatican, j'ai choisi de suivre une famille italienne, exceptionnelle par sa réussite, son ascension, sa richesse et son pouvoir. De commerçants qu'ils étaient aux XIe-XIIe siècles, les Médicis deviendront banquiers au XIIIe siècle, financiers des papes et des rois et, au XVe siècle, la famille la plus riche du monde Occidental. Elle poursuivra son élévation jusqu'à fournir deux papes à Rome, dont l'un était prieur de l'Ordre de Rhodes, et deux reines au royaume de France. Mais également, faut-il rappeler que les riches, puissants et influents représentants de la famille des Médicis sont, aux XVe et XVIe siècles, sinon les auteurs inéluctables du renouveau révolutionnaire appelé la Renaissance, à tout le moins y sont-ils intensément impliqués. Et l'on doit s'interroger sur ce qu'aurait été l'incarnation du mouvement sans eux, ou sur le retard inévitable qu'aurait pris la métamorphose, en l'absence des ancêtres de Catherine, la grande reine de France.

 
 
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